Sec comme une biscotte

Quand souffle
Le vent
S’essoufle
Le temps

Les gens
Sont gris
Et moi
J’en rie

Laisse même
Mes dents
Prendre le
Soleil

J’ramène
Ma fraise
Là ou
C’est triste

J’te prends
La main
Sentir
Couleur

Structure
Culture
En au-
xiliaire

J’ai l’air
De faire
Des rimes
Vivantes

On tourne
En valse
Loin du
Ciment

Des fois
C’est sec
Comme une
Biscotte

On aime
Pas l’mec
Qu’on est
Dev’nu

Les grands
D’ce monde
J’les cal-
cule pas

Ca fout
La gerbe
De voir
La merde

Alors
J’me perds
Dans l’fond
D’tes yeux

Et j’danse
Avec,
Avec
Les deux

Allons
Plus loin
En au-
tarcie

Voir comme
C’est beau
Les ciels
Pluvieux

Qu’un jour
Plus vieux
Je puisse
Dire

Comme tout
Est mieux
‘Vec le
Sourire

Et j’ai
Rempli
Mon es-
tomac

De mauvais
Vin
De mauvais
Nerf

Des fois
C’est sec
Comme une
Biscotte

On aime
Pas l’mec
Qu’on est
Dev’nu

Et nique
Sa mère
J’veux la
Lumière

J’veux c’que
J’ai pas
Des choses
Primaires

Le vent
Clairet
L’esprit
Serein

Le chant
Du ciel
L’amour
Des chiens

L’amour
D’ma mère
Ca m’su-
ffi pas

J’voudrais
Qu’elle aime
La terre
Entière

Mais ça
Les gens
Z’appré-
cient pas

Ils disent
Qu’il faut
Rester
Au pas

Des fois
C’est sec
Comme une
Biscotte

On aime
Pas l’mec
Qu’on est
Dev’nu

Je fais
Des valses
Des valses
Brumeuses

Avec
Un sax
Et une
Perceuse..

Insomnie


Coincé entre 4 murs
Comme un foetus mal formé dans le formol
En nocturne la formule
De l’ennui est formelle

Comme bloqué entre quatre planches
Attendre qu’elles sentent le sapin
A se dire qu’on a eu pas d’chance
Cerné, au p’tit matin

Piégé entre quatre gueules de bois
Comme dans un rite vaudoo
A maudire les mots doux,
Les gens qui gravitent autour de soi

Stopper entre quatre yeux
La face collée devant un miroir
A s’demander ce qui miroite
Dans les mirettes des bienheureux

Attendre que la lumière tombe
Pour essayer d’trouver l’sommeil
Sornette, les heures fondent
Et déjà les rayons de soleil

L’cerveau gravite sur quatre films
Pour berner le temps qui passe
A fumer tige sur tige
Matter l’cendrier qui s’entasse

Compter jusqu’à trois mille
Et jamais voir un mouton
Constater ce qui part en vrille,
N’jamais s’poser les bonnes questions

Bloqué entre quatre notes
Le lecteur chante un texte triste
A se dire qu’on existe
Que par le regard de l’autre

4 heures du mat’
Se sentir brisé
Sans vraiment savoir pourquoi
Au fond de soi se sentir méprisé…

Assis entre quatre canettes
A faire des châteaux de bazar
A rien gérer d’ses dix doigts
Et bouffer comme un con les restes

Inerte entre quatre cafards
Qui te refile le bourdon
L’intolérant temps lent, pfff!
Rend l’teint trop blafard

Enfumé entre quatre grammes
Feuilles longues et tabac sec
L’esprit en delta plane
Le fond des yeux tabassé

Fixé au centre des 4 coins
D’une pièce qui tourne en rond
Le cerveau chauffe à mach 1
Vient creuser le fond du fond

Préocuppé pour quatre sous
Et pas savoir comment s’occuper
Le regard dans l’flou
Même pas une ombre pour discuter

Les aiguilles trottent à quatre pattes
Les yeux ne s’ferment pas
Même investit dans le noir
Morphée ce soir n’a pas d’histoire

6 heures quatre minutes 44 secondes
Les gens s’éveillent
Je traîne depuis la veille
Des poches de plus en plus profondes