Une épine dans la chatte

Y’a 6 jours c’était la journée de la femme. Et il y a un an et 6 jours c’était aussi la journée de la femme. Et tous les ans depuis sa création, le 8 mars est le jour de la journée de la femme. Qui arrive dans la tête des gens, comme la fête des mères ou un truc du genre. Comme un truc qui arrive, qui fait quand même un peu chier, mais que c’est la vie.
Comme un truc sans grand intérêt, à peine intéressant. Qui pousse le genre de pensée : « Et à quand la journée de l’homme alors ? ».
Ah ben oui ça putain !! C’est quand la journée de l’homme ?!! C’est tout le reste de la semaine, c’est tout le reste du mois, tout le reste de l’année, 364 jours sur 365, la grande fête du quotidien, la joie d’un événement qui se répète éternellement, à l’infini.
C’est la teuf constante, le bonheur de la virilité tous les jours, c’est journée « Steak et Pipe » forever. Sauf le 8 mars.
Le 8 mars c’est « Colin et Haricot Vapeur » day. C’est chiant. C’est nul. Ca pue, ça n’a aucun goût, c’est naze, ça sent pas la grosse transpi, ça rit pas assez fort, ça s’intéresse à autrui, ça pose des questions, ça se pose des questions, ça cherche pas toujours à imposer le film avant de dormir, ça pisse pas debout. C’est le « Colin et Haricot Vapeur » day quoi.
C’est long une journée. Et en même temps c’est si court. C’est une goutte d’eau dans un océan de foutre. C’est un ovule au milieu d’un milliard de spermatozoïdes. C’est l’attaque sanglante de toutes ces têtes aveugles sur la forteresse sacrée d’un ovocyte solitaire.
On casse la tronche à la gamète, et on se barre. La plupart du temps ça donne rien, parce qu’on veut pas de ce genre de responsabilité. Alors les spermiz’ crèvent dignement sur le champ de bataille, s’engluent dans la chatte, oublient aussi vite qu’ils ont pris conscience, et c’est la fin.
Alors pour tous les spermatozoïdes morts on fait « Steack et Pipes » forever, et puis pour l’ovule on a le 8 mars.

Mais on oublie les milliers d’ovules gâchés, morts avant même d’avoir existé. Perdu dans des litres de règles douloureuses, les centaines de pilules avalées comme des kilomètres de barbelés. On oublie la peur, les pertes de mémoire, les pilules spéciales lendemain foireux, l’IVG par aspiration, les sueurs froides, la douleur de se sentir détruit e de l’intérieur, l’évacuation, la responsabilité, la culpabilité.
Par contre on pense souvent à tout ce sperme étalé sur des milliers de visages, sur des tonnes de seins et de poitrines, des quintaux de culs, on se passe en boucle des « Extrem Bukkake », on jouit, on jouit, on jouit. On a en dans la bouche, sous les ongles, entre les doigts, dans un repli de petites lèvres, sur le cul, ici et ailleurs bien visible, bien vivant.
Le sang se cache dans les petits bouts de coton. Disparait sans avoir jamais existé, retourne à l’ombre sans en être jamais sorti.
Et on a beau manger des tonnes de viandes rouges, boire de la bière, jouer au foot, sentir des pieds, avoir des grunges et rire très fort, le sang coule à l’intérieur, le sperme s’étale et le 8 mars ne dure qu’une journée.

Mars 2012

RÉFLEXIONS et RESSOURCES

UPDATE – Une émission avec la professeur de philosophie Nadia Yala Kisudiki sur les mouvements anti-raciste actuellement en France, une analyse moderne et très juste !

+ Découvrir la philosophe Seloua Luste Boulbina et notamment son dernier livre Les Miroirs Vagabonds ou la Décolonisation des savoirs

+ Redécouvrir Kateb Yacine – romancier, poète, auteur de pièce de théâtre – Notamment son roman Nedjima (le plus connu) mais aussi Le Cercle des Représailles (pièces de théâtre).

+ Redécouvrir l’oeuvre d’Alain Mabanckou notamment ses romans Bleu-Blanc-Rouge et Verre Cassé

Cet article tente de rassembler des textes, des paroles, des images nécessaires à notre éducation.
Tout ce qui est réunit ici soulève des réalités de la société française et de sa culture.
Les luttes et les revendications qui se déroulent actuellement aux États-Unis, qui remettent en question et dénoncent le suprémacisme blanc trouvent leur continuité ici.
Il me semble important de démêler le contexte dans notre propre culture, pointer notre ancrage raciste dans l’histoire, pour être en mesure de le relier à l’histoire mondiale.

En premier lieu ce texte d’Aimé Césaire, à mes yeux FONDAMENTAL pour comprendre la plupart des mécanismes du racisme en France par une analyse de l’histoire coloniale française, il fait un état des lieux ultra pertinent en 1950, malheureusement toujours d’actualité. Le texte est court, il peut se lire et se relire, il est très très riche, et l’écriture est magistrale.
AIMÉ CÉSAIRE, DISCOURS SUR LE COLONIALISME

La France porte encore trop l’idée que le colonialisme était une entreprise pour le bien des peuples colonisés – en lien l’article vers le projet de loi de 2005 qui tendait à inscrire dans les manuels scolaires d’histoire que la colonisation a donc été une entreprise bénéfique pour les colonisés, porté par Jacques Chirac et Michèle Alliot-Marie. Procédé parfaitement malhonnête, l’association faite à l’article 4 était littéralement honteuse. Exemple de paternalisme et de la structure patriarcale de notre société.

Un élément d’information récent qui en dit long sur l’emprise que la France à tant de mal à lâcher notamment d’un point de vue économique sur d’anciens pays colonisés :
WIKIPÉDIA « FRANC CFA »
« Le 20 mai 2020, La fin du Franc CFA est validée par l’adoption d’un projet de loi qui sera soumis à l’Assemblée nationale et au Sénat français qui entérine cette monnaie commune par le Conseil des Ministres français, le 20 mai 2020. La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne sera plus obligée de déposer la moitié de ses réserves de change auprès du Trésor Public français. La nouvelle monnaie unique ouest-africaine (Eco) devrait voir le jour en juillet 2020. »

À la suite du texte de Césaire, voici un lien vers la préface du livre Peau noire masques blancs de Frantz Fanon. Ce livre se trouve facilement en librairie pour moins de 9€.
Oeuvre elle aussi fondamentale pour comprendre plusieurs principes, notamment les problématiques de construction et de destruction identitaire, de déculturation – à différencier de l’acculturation (lien vers l’article Wikipédia) – et son impact psychologique notamment.

Et voici un lien vers une émission à son sujet sur France Culture – découvrir son travail et son oeuvre :
EMISSION SUR FRANTZ FANON 

Ainsi qu’un podcast du journal de la philo (très court – 6 minutes) De quoi le blanc est-il la couleur ? qui évoque Fanon et des idées encore trop peu débattues et étudiées en France, la blanchité ou blanchitude, développé dans cet article France Culture à nouveau – Blanchité et race : pourquoi ce déni tenace ?

Lien vers les deux livres de Toni Morrison cités dans l’émission précédente.
Playing in the dark et Étranger chez soi.
Mais aussi à lire L’origine des autres, qu’est-ce qui motive la tendance de l’être humain à créer les Autres ?
Pour ceux qui ne connaissent pas Toni Morrison, en plus de ces ouvrages théoriques et essais, vous pourrez trouver très facilement ses romans en librairie, ils existent en poche. Ils représentent tous de très grands enseignements. Elle est tout simplement une écrivaine incroyable et aborde les questions de racisme, de ségrégation, d’esclavage avec une intelligence incroyable. Grâce à ses écrits, elle offre à ressentir des émotions nécessaires.

Ressentir des émotions permet de dépasser la barrière de la raison, de la mauvaise foi et des réflexes protectionnistes. J’insiste sur ce mot parce que je pense que comprendre peut devenir un mécanisme de défense pour accepter une idée en surface, tout en ne la faisant pas exister, en ne la vivant pas. On peut citer par exemple les revendications féministes en France, qui existent depuis plus de 100 ans. Les changements réels dans la société sont incroyablement lents à se concrétiser, sachant qu’ils le sont le plus souvent suite à des luttes et des revendications répondant à des crises majeurs – exemple le droit de vote accordé aux femmes à la toute fin de la seconde guerre mondiale…

Ici vous trouverez un lien vers le documentaire de Raoul Peck, I’m not your negro qui suit l’écriture d’un texte de James Baldwin. Un document fondamental pour revivre et saisir les enjeux du racisme américain, de la ségrégation, les conséquences historiques et sociales d’une société fondée sur la destruction du peuple amérindien et l’esclavage d’un peuple africain.
Vous pourrez trouver aussi facilement de nombreuses interviews en extrait dans le documentaire sur YouTube, notamment le débat que Baldwin a tenu à Cambridge en 1965 contre William F Buckley – en lien ici et un entretien entre lui et Nikki Giovanni. (Le travail poétique de Nikki Giovanni aussi est à découvrir !)
Comme pour Toni Morisson, vous pourrez trouver facilement les romans de James Baldwin en librairie en format poche. Ses livres sont tout aussi beaux, importants, riches, éducatifs, profonds… Il traite aussi de sujet tel que l’homosexualité ou la bisexualité.

Sur d’autres thématiques (trauma, remise en question personnelle…), une vidéo courte et très pertinente de @sonyareneetaylor « White trauma becomes white violence. DO YOUR HEALING WORK ! ». Sonya est auteur et poète, et vous trouverez de nombreuses vidéos sur son compte. Je la rejoins tout à fait dans l’idée de trauma. Pour ma part, et sans entrer dans des détails personnels, c’est en évoquant des questions de légitimité et de déformation identitaire en thérapie psy – en l’occurence une thérapie centrée sur la résolution des traumas –  que ma vision de ma culture et de mon éducation est devenue beaucoup plus claire. J’ai pu faire face aux éléments douloureux de ma propre histoire, les accepter (oui ça fait mal !), mais finalement aussi en guérir et changer, briser le cercle. DO THE WORK 🙂
Dans cette autre vidéo de Jerry Hide, je rejoins son propos quant au fait de se questionner et d’entrer en introspection pour trouver en soi-même nos réflexes racistes. Jerry travaille davantage sur les violences domestiques et l’agressivité masculine. Vous trouverez aussi sur son compte des vidéos sur ce sujet.
Toujours sur Instagram @janayathefuture fait de nombreuses vidéos, What you must do to find your voice développe une parole extrêmement éclairée sur la douleur et la peine qui nous pousse trop souvent à l’isolement. Moses Sumney en a fait une des thématique de son dernier album, Græ, qui est en plus d’une grande intelligence, d’une grande beauté ! Pour revenir à Janaya Future, toutes les vidéos que vous trouverez sur son profil sont à voir, son exploration des identités trans est aussi hyper instructive.

Dans un tout autre registre voici un lien vers le documentaire Sauvages, au coeur des zoos humains. Pour voir ce qu’a produit notre culture, une vision de la cruauté du suprémacisme blanc et européen, très réel, dans des mises en scène macabres.
DOCUMENTAIRE : SAUVAGES, AU COEUR DES ZOOS HUMAINS

Pour ces deux dernières références j’en viens à un tout autre registre, qui tend davantage à questionner de l’intérieur la culture européenne, blanche. De l’artiste Pipilotti Rist, sa vidéo Color is dangerous accompagné d’une interview au sujet de ce travail. Elle développe une réflexion quant au rapport à la couleur dans l’art au sein de notre culture blanche.

Voici le lien vers le livre (en ligne et en anglais) dont Rist parle en interview, Chromophobia de David Batchelor. Il propose une analyse historique du rapport à la couleur dans l’art et la culture européenne.

En tant que blanc, nous devons lutter contre notre réticence à nous remettre profondément en question. Nous devons ressentir, en acceptant les paroles, les questions, les réalités et surtout en acceptant de perdre.
Nous devons apprendre à perdre pour abandonner notre culture du privilège, notre culture de la hiérarchie sociale et raciale qui domine et asservie arbitrairement et d’après des principes antiques. Nous devons remettre en question notre culture et comprendre que le problème même s’il est très ancien, reste le même aujourd’hui. Créer une rupture doit nous permettre la perte et la destruction saine et nécessaire de privilèges racistes. Pour ma part savoir d’où je viens (de familles européennes blanches) c’est pouvoir dire « Oui. Oui je descends d’individus qui ont participé à la construction de cette culture, et oui je suis prêt à sacrifier ses privilèges pour le bien de tous. »
Il faut réfléchir au sentiment de légitimité et d’illégitimité. À notre culture judéo-chrétienne qui nous enseigne des réflexes de honte et de flagellation qui sont parfaitement inutiles. Trouver là où sont encore cachés les réflexes et les constructions mentales lié à cette culture du péché, de l’impureté, du rachat des fautes par la souffrance extrême et la victimisation, la compulsion à accumuler des richesses supposer nous assurer et nous suivre dans un éventuel paradis, toutes ces constructions sont à remettre en question.

EN FAIT JE SAIS PLUS VRAIMENT OÙ J’EN SUIS

 

PLACÉ UN SOLEIL COUCHANT ENTRE LES JAMBES D’UNE FILLE POUR PARLER D’ASTUCES ÉCOLO,
JE NE SAIS PAS VRAIMENT SI ÇA FAIT SENS.
POURQUOI ENTRE SES JAMBES ?
EST-CE UNE FAÇON DE RECONNAÎTRE QUE LE SOLEIL ET LA CHATTE DES FEMMES SONT L’ORIGINE DE LA VIE ?

MAIS QUEL EST LE RAPPORT AVEC LES ASTUCES ÉCOLO ?

QUEL EST LE RAPPORT AVEC LES ASTUCES ÉCOLO ?

QUEL EST LE RAPPORT AVEC LES ASTUCES ÉCOLO ?

QUEL EST LE RAPPORT AVEC LES ASTUCES ÉCOLO ?

QUEL EST LE RAPPORT AVEC LES ASTUCES ÉCOLO ?

EN FAIT JE SAIS PLUS VRAIMENT OÙ J’EN SUIS.

Je ne me pose pas que des questions inutiles

Si Bruce Lee se prend pour de l’eau, on peut se demander si :

– Peut-on porter Bruce Lee à ébullition ?

– Bruce Lee peut-il être filtré ?

– Bruce Lee est-il potable ? Comment pourrait-on le déterminer ?

– Bruce Lee contient-il de l’azote ?

– Bruce Lee laisse-t-il des dépôts calcaires ?

– Porté à une température inférieure à 0° Bruce Lee gèle-t-il ?

– Peut-on arroser des plantes avec Bruce Lee ?

– Bruce Lee est-il recyclable ?

– Est-il possible d’ajouter du dioxyde de carbone à Bruce Lee ?

– Bruce Lee a-t-il un pH neutre ?

– A l’état de stagnation, Bruce Lee pu-t-il ?

– Bruce Lee provoque-t-il des infiltrations ?

– Dans les égouts Bruce Lee est-il profondément toxique ?

– Bruce Lee peut-il se transformer en théière ?

– Bruce Lee peut-il cuire en 9 minutes 500 grammes de « radiatori » ?

– Bruce Lee peut-il faire avancer un train ?

– Peut-on se vaporiser Bruce Lee au visage en cas de canicule ?

– Peut-on se laver avec Bruce Lee ?

– Bruce Lee peut-il être aromatisé ?

– Peut-on irriguer un champ de betterave avec Bruce Lee ?

– Bruce Lee est-il plus consommé après avoir mangé de la viande de grison ou du jambon de Bayonne ?

– Au contact de Ricard, Bruce Lee devient-il jaune ?

– Si Bruce Lee tombe dans un champ de menthe devient-il une menthe à l’eau ?

– Si Bruce Lee entre en contact avec un cachet d’aspirine UPSA devient-il effervescent ?

– Sommes-nous tous composés de 60% de Bruce Lee ?

– Partons du principe que dix litres de Bruce Lee tombe sur un tee-shirt, Bruce Lee serait-il mon tee-shirt ?

– S’il venait de la ville de Contrex, Bruce Lee serait-il le réflexe minceur ? Un indice viendrait-il du fait que Bruce Lee ne se mélange jamais à l’huile ?

– Bruce Lee passe-t-il au travers de la roche volcanique ?

– Quand Bruce Lee s’endort un être s’éveille-t-il ?

– Quand Bruce Lee est en dépression tombe-t-il en goutte ?

– Bruce Lee représente-t-il 70,7% de la surface du globe ?

– Porté à évaporation, Bruce Lee formerait quel type de nuages ? Et au quel cas, s’il entrait en contact avec une colonne d’air froid provoquerait-il un orage ?

– Bruce Lee est-il la maison des poissons ?

– Grâce à un extracteur d’humidité est-il possible de recueillir Bruce Lee ?

– Pourquoi Bruce Lee ne se trouve-t-il jamais dans le désert ?

– Vue de l’espace Bruce Lee est-il bleu ?

– Peut-on remonter aux sources de Bruce Lee ?

– Il y a 4,6 milliards d’années Bruce Lee existait-il sous forme de particule dans l’univers ?

– Y’a-t-il des traces de Bruce Lee sur Mars ?

– BRUCE LEE EST-IL À L’ORIGINE DE LA VIE SUR TERRE ?

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Tout le monde veut devenir #Jésus

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La magie de l’internet mondial, c’est la connaissance, la science, l’art, la création, l’échange, le partage, ta bite en photo, des « autoportraits« , Twitter, Nyan, The Useless Web… etc… Et des milliers de raisons de se prendre pour ce que l’on est pas.  Et d’y croire avec cette ferveur adolescente qui ne nous quitte plus.

  • A la décharge de tous les gens qui pourraient se sentir visés de près ou de loin par cette liste interminable de clichés, tout n’est pas de vot’ faute les gars, le monde c’est vraiment d’la merde.

Alors y’a ceux qui se prennent pour #Jésus (Syndrome 1). Très actifs ils n’ont aucune peur d’aller au devant du mur de béton armé sur lequel ils vont à 99,9% du temps se briser la tête. Muni d’outils internet communs ils espèrent dans le fond de leur coeur battant que des millions de gens se décident à les suivre subitement, et accueillent leurs paroles comme la source même de la vie. Un peu comme les journalistes de Vice, mais qui eux se persuadent d’être tous des ∴Messies Maudits∴ genre Satan Destructeur d’Hipsters.
Tous ceux qui ne bossent pas chez Vice sont intimement persuadé d’être soit totalement incompris vu qu’ils n’accèdent jamais au millions de followers, soit de ne pas avoir trouvé le bon média.
Ils inondent Twitter d’abord, puis des blogs collaboratifs et autres plateformes culturelles, de sentences, de blagues ironico-cassantes, de grandes vérités générales modernes et attendent le million de retweets. Ils pensent en édictant leurs dogmes, éclairer nos existences de la lumière crue de la Vérité. Et ainsi se rendre indispensable à notre compréhension du flux continu de la vie. Sauf que la vie n’est pas une TimeLine, c’est disons un peu plus « compliqué ».
Ils ont toujours tout compris à tout et connaissent tout avec toujours 5 ans d’avance. Ils taggent des #old à longueur de journée pour mieux revendiquer leur connaissances prophétiques du what’s next ?
En bon Messie, leur jouissance la plus coupable est d’atteindre le TT (Trending Topics), dirigeant de derrière leur écran la parole mondiale. Ce qu’ils ne comprennent pas c’est que le principe même de la mode étant d’être passagère, ils se trompent fondamentalement de buts. Ils sont donc dans une grande confusion, aussi du à notre époque qui fait que les tops-models sont parmi les personnes les mieux payés de la galaxie.
Quand ils ne veulent pas être DA (autrement dit chier des idées sur la gueule des autres en leur faisant croire que c’est du pain béni), ils sont « chroniqueurs » et « journaliste », pour épancher leur immense sensibilité et leur amour infini pour l’humanité (à condition d’être celui qui dit si oui ou non on a le droit de porter des mules ou des ras-du-cou).
Souvent ils meurent dans les regrets brûlants de n’avoir pas pu illuminer le monde de leur incroyable talent et de leur gigantesque savoir. Paix à leurs âmes. Les graphistes aussi vont au Paradis.

Et puis il y a ceux qui se prennent pour #SuperMan (Syndrome 2). Muni d’une vie banale et peu attrayante, on croirait qu’ils vivent dans un film américain un peu indé, un peu sombre, un peu intéressant. Genre je cache quelque chose.
Et oui ces gens à l’allure si terriblement banale sont en fait dans le fond des êtres exceptionnels, muni de pouvoir exceptionnels, et se révèle être secrètement au coeur de l’internet mondial des individus hors du commun. Derrière ces lunettes de soleil très chères mais genre destroy, se cache Cyclope. OMG. On ne sait pas exactement d’où viennent leur super-pouvoir/super-talent (leur imagination) et restent profondément évasif à ce sujet. Car tout ceci est secret. Pourquoi ? Aucune idée.
On les croise dans des accoutrements soit excessivement normaux, soit excessivement déglingues. Ils vivent dans des attitudes éternellement très détaché, regards tournés vers l’infini de l’horizon dans cette posture volontairement démonstratrice du poids incroyable du secret qui pèse sur leurs épaules. Internet leur offre le moyen très peu subtil de mener cette double vie, et soudain, ils ont 5000 followers. Pourquoi ? Aucune idée.
Mais ils cultivent avec un plaisir presque malsain leur double identité, narguant d’un oeil moqueur la pauvre plèbe sans pour autant se dévoiler. Car ils aiment se sentir entourés et menacés par la médiocrité ambiante afin de consolider leur giga-ego de SM.
Qu’y’a-t-il de plus jouissif que de regarder une horde de jeunes puceaux sauvages s’arracher les lambeaux de ses créations internets/virtuelles/visuelles(/poubelles/chamelles/bordel) ? Une horde encore plus grande de puceaux sauvages en train de s’arracher les restes iconique de son propre ego. Thanks God, ils prennent leur rôle très à coeur et sacrifie de bonne grâce leur double identitaire aux puceaux/pucelles affamées d’idoles ombrageuses.
Les plus stupides vont vivre leur fantasme à la télévision (Secret Story) et en faisant tomber leur masque nous ouvre la porte sur leur monstrueuse vacuité. Mais ne soyons pas inquiets ils ne flancheront jamais, ils finiront peut-être par sauver le monde. Ou à mourir avec leur secret. Paix à leurs âmes. Les business man vont peut-être au Paradis.

Et enfin, il y a ceux, les plus beaux, qui se prennent pour #Néo (Syndrome3). Muni d’une vie encore plus banale, voir même chiante (genre film américain très indé, très sombre, très peu intéressant), ils ont l’intime conviction que quelque chose ne va pas. A la fois frileux, mou-du-gland, idiots et butés, ils s’imaginent que le monde n’a pas encore pris conscience de leur véritable nature.
Oui parce que c’est vraiment très fatiguant de devenir quelqu’un d’exceptionnel, ils attendent que la Terre entière viennent les soulevé au-dessus de la masse et LES RÉVÈLENT À EUX-MÊMES. Souvent au cours d’une émission télé-crochet débilisante. Genre : Mais tu es Néo !!!!!!?! La super-star du futur ??!!!! Sauve-nous grâce à ton incroyable talent !! Tu es le seul à le pouvoir !!! Et ainsi la main de Morpheus le Grand Révélateur (incarnée généralement par celle d’un mauvais producteur de major) s’abat sur eux comme les foudres du destin pour les sortir de leur marasme dépressif qui les rend si cools et dépraves.
Ils usent de l’internet comme d’un « Miroir mon beau miroir dis-moi qui est la plus belle du Royaume ? » que le monde viendrait mettre sous leurs yeux et répondrait à plein poumons : MAIS TOI !!!!!!!
On les rencontre souvent agités par l’angoisse que la société ne les reconnaisse pas à temps, généralement très peu conscient des attentes monstrueuses qu’ils ont à l’égard du monde, et des si petites qu’ils ont à leur propre égard. C’est pour cela que dès leur plus jeune âge ils inondent la toile de leurs… choses psychotiques qu’ils qualifient d’Art en attendant le re-post viral qui tendra leur slip.
On les retrouve sur Vine, TumblR surtout, et dans toutes les formes de blogs minimalistes-rétro-futuriste. Ils y collectionnent des centaines d’images qui n’ont aucun sens mais sont des sortes de mood-boards géant qu’ils croient réaliser grâce à leur intuition artistique foudroyante.  Ils pensent pouvoir percer avec presque RIEN, vu la tournure que prend la culture actuelle (à leur décharge), et sont donc obsédés par le besoin viscéral d’avoir eu la bonne idée qui, un jour forcément, fera d’eux le Mozart-RockStar-(Nanard-Boulard) du futur du 21ème siècle et gravera les Internets de cette marque indélébile.
On trouve de nombreux artistes-adolescents-pré-pubères-erotomane atteint par ce dernier syndrome. Paix à leurs âmes. Les grosses connasses et les gros connards n’ont aucune envie d’aller au Paradis.

Hallelujah !

Capture d’écran 2014-12-03 à 01.49.46Cette femme est pleine d’humour

THERAPIE

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If it helps you fall in love

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(NO COPY/PASTE WAS USED FOR THIS POST – THANKS LCD SS)

Un Bloc de Marbre

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Je traverse la vie comme si c’était un bloc de marbre, avec difficulté.
Avec colère, avec amour, avec peur.
Mais il y a trop de distance entre mon absolu et la réalité pour que j’arrive à les faire se rencontrer.
Et je ne sais pas d’où vient la peur.
La peur n’est pas une solution, c’est une réponse. La première qui te passe par la tête quand tu ne sais pas quoi dire à la prof de math.
La prof de math n’est pas très belle, par contre elle est très froide, et quand je regarde ses longs doigts blancs qui se confondent avec la craie, j’ai peur.
Sa bouche sans lèvre s’ouvre sur une question, à laquelle je n’ai pas de solution.
Je n’ai qu’une réponse. La première qui me passe par la tête.
Elle écrit le résultat comme elle écrirait mon jugement. Le mien était faux, pas juste, pas bon.
Elle ne comprend pas que j’envisage cette équation comme une loi, relative à un contexte. Elle me dit que je n’ai pas de circonstances atténuantes.
Je n’avais pas le droit d’avoir peur, je n’avais pas le droit de fumer dans les toilettes, je n’avais pas le droit d’être insolente, et surtout je n’avais pas le droit de me tromper. Le dossier est clôt.
Je ferme les yeux sur les chiffres qui défilent, retrouver l’obscurité profonde de mon manque de confiance. Confortable.
Loin des déchirures et des coups de marteau, juste à la jointure des deux pôles.
Il y a un son sourd qui frappe, le battement métallique du sang, ma vision floue et confuse sur les dessins de mon ignorance.
Je ferme les yeux sur l’air moisie, les néons blancs. Le bois traumatisé et mon criterium invalide.

Je retrouve les lignes rouges, les volumes dorées. Les fumées blanches et les ciels bleus. Les ombres fragiles du soleil de décembre, un peu claires, un peu légères. Comme la lumière à plat de l’Arctique qui rase l’horizon.
J’ai rangé les pierres et les blocs de marbre abandonnés, vestiges de l’amour. J’en ai fais des statues qui hurlent la splendeur de la verité avec des yeux bleus, verts et noirs. Et je n’ai eu qu’a jeter leurs apparats.
Je n’ai gardé que l’amour muet de l’univers qui un jour par hasard m’a donné la vie.
Il y a des galaxies, des ondes cosmiques, des astres errants et de l’énergie pure. Je n’ai plus peur des trous noirs, je n’ai plus peur du vide, le Niagara peut couler et l’Himalaya grandir.
Je suis seule au fond d’un vase vide avec des parois circulaires, des centaines de milliards de spirales et un tunnel de lumière. Un tunnel de lumière.

Si je le peux je ne suis plus un problème, je suis une solution.

À quoi est-ce que l’on sert dans cette existence ?
À quoi est-ce que l’on peut espérer ?
Être heureux ?
Mendier quelques jours de plus pour une vie de plaisirs plus ou moins accomplis ?
Ou complètement ratés.

Nous sommes engloutis dans des habitudes qui nous aveuglent ou nous sauvent.
Et puis après tout, il faudra s’en sortir.
Mais se sortir de quoi ?
De tout ? De rien ?
De problèmes auxquels on n’accorde aucune solution parce que nous voyons les êtres vivants autour de nous davantage comme des problèmes.

Moi je m’ankylose dans des soucis auxquels j’accorde la réalité, dans un mutisme forcené parce que si je parle il faudrait parler des vrais problèmes et donc m’accorder des vraies solutions.
Qui m’angoissent plus que l’idée de la mort.

En attendant je me distrais en imaginant faire de l’art, et agir pour l’environnement. Je m’attache à des luttes aussi fondamentales que viscérales. Et dans ces luttes je ne pense pas à la valeur inestimable qu’il peut y avoir dans le cœur de mon pire ennemi.

Je ne veux ni de moi, ni de lui ni de personne pour être une solution, et la fin de mon tourment. Je cherche exactement là où je ne la trouverais pas.
Parce que je confonds mon problème et ma solution.

Je crie tant que je peux, j’aime tant que je peux, mais je garde comme un trésor maudit, enfouit au plus profond de moi l’accès à l’air libre, à la liberté.

Je partage de la musique, des articles diversement éclairés sur la condition humaine. Mais je cache ma solution. Celle que je suis pour les autres, celles qu’ils sont pour moi.
Je ne l’accepte pas.
On se bat, et ne baisse surtout pas les armes alors que c’est précisément ainsi que l’on mettrait fin à tant de conflits.

On s’ankylose dans un mutisme forcené pour ne laisser voir au monde que l’écume d’une rage qui a malgré tout, toute sa raison d’être.
Parce que l’océan de peur, de questions, de souffrances et d’injustices qui remue derrière est bien trop vaste pour l’échelle de nos consciences.

Alors que demain c’est peut-être la maladie qui nous attend. Une catastrophe sans précédent, un fléau qui nous fait trop peur pour que nous lui donnions un nom.

On se raidit autour d’une cicatrice qui n’est plus depuis longtemps la réunification de la chaire, mais la crispation sur elles-mêmes de deux entités écartelées, qui n’auraient sans doute jamais eu à se rencontrer.
Chacun, dans la pénombre de sa mémoire compte, passe en revue, épie, effleure les marques qui l’agressent et courent le long de son épiderme.

Combien m’en restent-ils ?

Ai-je encore assez de places pour en recevoir de nouvelles ?

Il n’est plus temps de laisser une page blanche sur nos corps pour accueillir des blessures supplémentaires.
Dépêchons-nous de lâcher – avec notre grâce, notre désarroi, l’urgence, la nécessité – les cris des alarmes qui annoncent l’arrivée d’une autre cicatrice.

Dépêchons-nous de délier ces cicatrices, de faire surgir nos plaies, et de voir derrière, neuve, infinie, sans genre ni âge, une autre personne. Celle que nous pouvons devenir constamment.
Dépêchons-nous de devenir des solutions.

C’est presque ridicule si ça ne l’est pas complètement, c’est presque croire en un Dieu en chacun, c’est se prendre pour le gourou de notre paroisse intime. C’est aussi, à un moment, ne plus croire en la souffrance, et décider bêtement de regarder l’autre bout du tunnel coûte que coûte.

Mais c’est aussi offrir, à Soi et aux Autres, la chance et la valeur inestimable de devenir une solution. Pour délier toutes les frustrations, délier toutes les crispations, délier les océans d’angoisses, de peurs, de questions.

Je n’ai rien donné au monde, parce que je suis ce n’importe qui, qui fait n’importe quoi. La seule chose que je puisse lui donner c’est d’être une solution à tous les conflits grands ou petits que je rencontrerais au cours de mon existence.

Si je le peux je ne suis plus un problème, je suis une solution.

DIY Fine Art / Tuto magic pour faire de l’art à la maison

Bonjour. Aujourd’hui, nous allons faire de l’art.

Le problème de l’art c’est que très souvent c’est cher, voir très cher. Personnellement je n’ai pas de compte en Suisse qui me permette de temps en temps une petite folie chez Sotheby’s. Donc que fais-je si j’ai quand même envie d’avoir de belles choses ? J’évite de me prendre pour Michelange en faisant un tuto pâte à sel. Ainsi, ayant une obsession personnelle autour du scotch mais attention pas le scotch pourri en petit rouleau transparent, non le vrai scotch en PVC souple et malléable, j’ai souvent besoin de scotcher des trucs. J’ai donc eu l’idée de fusionner mon obsession du scotch/avec mes pulsions de faire des folies chez Sotheby’s/avec une après-midi où j’avais rien à branler.
//ATTENTION CECI N’EST PAS UNE ACTIVITÉ DE COUPLE, GROS RISQUE D’EMBROUILLE POTENTIELLE//
Je me suis donc dis tiens et si je faisais un tableau avec du scotch ! Saugrenu, certes. Bon là sur le choix du tableau disons que ça a pas été très long. J’ai d’abord pensé faire un Picasso pas trop compliqué (LOL) puis finalement je me suis dis que c’était UN PEU prétentieux de ma part donc je me suis rabattue sur un Mondrian vachement simple (RE-LOL).

Here comes the Sun.

Donc sérieusement pour faire un vrai Mondrian à la maison il faut :
– Environ 3/4 rouleaux de scotch Tesa noir type isolant électrique
– Environ 2 rouleaux du même scotch en rouge
– Environ 2 rouleaux toujours idem en bleu
– Environ 2/3 rouleaux de jaune
– Une paire de ciseaux (les miennes sont massives, parce que je vois tout en grand, tu peux en prendre des petits)
– Une régle
– Un mètre de couture
– Un stylo effaçable à l’eau ou un crayon à papier
– Une calculette si t’aime pas le calcul mental
– Une version imprimé papier du tableau.

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Donc ce qu’on va faire c’est ça :

Mondrian, Tableau 11 1921-5

Easy, des carrés et des lignes perpendiculaires. En fait pas trop. Avant de passer à la réalisation il faut faire une chose importante c’est préparer ton plan. Donc là tu vas prendre ta petite règle et mesurer l’INTÉRIEUR des carrés (donc sans les lignes noires). J’ai décidé de pas m’amuser à calculer la proportion des lignes noires, qu’il aurait ensuite fallut que je calcule par rapport à la largeur de mon scotch. A mes yeux l’important est que la proportion des carrés soit respectée. Ce qui m’a amené à ça (mon plan avec toutes les mesures intérieures des carrés+plus la longueur de quelques lignes) :

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Le plan se lit de droite à gauche.

Perso j’ai pris les mesures et j’ai tout multiplié par 4, ce qui fait un scotchage d’environ 1 mètre sur 80 cm. J’ai aussi mesuré les bandes noires les plus longues, afin de pouvoir poser la base de la structure du tableau, notamment 1, 2, 3 et 4. Au moment de les couper et de les poser, j’ai pas fait les bandes d’un coup je les ai fait en deux parties égales, BEAUCOUP plus facile à manipuler. Et un conseil important avec le barnier c’est de ne pas tirer dessus, il est à la fois souple et élastique donc pour obtenir un résultat optimale il faut y’aller mollo.

Pour commencer, accrocher le mètre mesureur au mur juste à côté de là où on va scotcher va permettre de mesurer les premières bandes de scotch et par exemple de vérifier si la bande est droite par rapport à une arrête de mur.

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Et là c’est le grand saut.

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Sublime et énigmatique voici 1, 3 et 4.

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On continu tout doucement et voici 2 plus quelques autres bandes. Je mets cette photo parce que ça permet d’illustrer une erreur à ne pas faire, c’est-à-dire de placer la bande horizontale tout en haut. Le MIEUX c’est de commencer par le bas et la gauche puis de monter en allant vers la droite. Ça laisse le champ ouvert et permet d’ajuster très facilement en cas d’erreur, avec la bande du haut tu es bloqué et si t’as couillé quelque part tu l’as dans le baba comme aurait dit ma grand-mère.

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Le second truc très important c’est de ne pas trop s’attacher à la longueur des bandes. Une fois les bandes essentielles posées, le plus fundamental c’est de respecter la taille des carrés. Par exemple ici j’ai fais deux points sur le côté gauche de la bande verticale et deux points tout à gauche de l’image, ça m’a permis de savoir exactement où poser la bande horizontale. Il faut commencer par un carré dont il y a déjà un angle, ensuite mesurer en hauteur puis en largeur et trouver le point d’intersection. T’as plus qu’à poser ça genre easy.

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Et voilà en gros le quadrillage une fois toutes les bandes noires posées ! Comme on le voit, malgré toute ma prudence, tout n’est pas absolument parfait nickel mais c’est aussi ça que j’apprécie avec ce scotch. Il y a quelque chose de souple dans la façon dont les lignes ne sont pas parfaitement droites que j’aime beaucoup, c’est très géométrique mais plus vivant.

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Ensuite on passe à la phase de remplissage qui est ma foi beaucoup plus reloud mais tellement satisfaisante. Donc en fonction de la forme (carré, rectangulaire horizontale ou verticale) j’ai placé mes bandes de remplissage de haut en bas ou de droite à gauche. Là le rectangle bleu est horizontale donc je remplis à l’horizontale. Pour cela il faut simplement décoller les côtés noirs droit et gauche pour de l’horizontale ou les côtés bas et haut pour du verticale. Ensuite en rabattant les bandes noires tu masques et tu obtiens un truc nickel. (NOTE que ma manucure insensée est parfaitement alignée avec la bande que je suis en train de tirer. Sachant que ce n’était pas fait exprès je me jouis dessus.)

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Exemple de résultat parfait. ahah.

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Prenant ton mal en patience, tu continus à boucher les trous.
Et là tu vas te dire que j’ai un petit souci, mais. Depuis le départ je checkais le rendu vu de loin toujours du même point, c’est à dire en prenant deux mètres de recul du tableau en ligne droite. Et puis je suis allé prendre un peu de shnouff à bouffer et en revenant dans le salon je me suis rendu compte que vu du reste de la pièce, c’était vraiment pas du tout aussi cool. Sur la photo ça à l’air pas mal mais en réalité ça créait un déséquilibre sur tout l’espace mural. LOL.
Du coup j’ai recommencé sur un autre mur. LOL.
Je t’épargne les photos de la deuxième session qui sont identiques à la première.
Quoi qu’il en soit le résultat final donne ça :

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Merveilleux n’est-ce pas ? J’apprécie les deux tuyaux le long du scotchage ça géométrise grave.

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