Allé au revoir Ronsard

Ton corps est une fleur que jamais on ne cueille
Le temps sur lui passe, et sur le mien pareil
Nos rides pousseront en cœur sur nos pétales
La fraîcheur des rosées, toujours nous délasse

L’infini, tes couleurs, traversent l’espace
Dans ma mémoire elles sont vives, des étoiles
Ta lumière, aussi loin que je m’en souvienne
À garder la grandeur de sa fougue suprême

Et si le feu est petit, ce soir, entre nous deux
Par le temps étendu sur les flammes bleues
Le rouge si profond des braises dans tes yeux
C’est le vertige d’une vie ancienne et neuve

Nous pourrons nous tourner, douter, dire de celui
Qui pressait ta beauté à peine nubile
Buvant charogne à ton sein, sa terreur stérile
Cet infâme avait peur, si peur de vieillir

Un voleur, une violence et les deux à la fois
Appuyé sur la tête d’un bouquet de roses roses
Mais voilà les jardins où l’on ne voit que toi
Et toi toujours si jeune là même où il repose